Ep. #10 : DIVERSITÉ GÉNÉTIQUE ET CLIMAT
Jean-Marie Verdet est paysan meunier en bio à Saint-Roman près de Die (26). Il nous parle de sa perception du climat à venir, par définition imprédictible ! Comment savoir dès lors quelle variété de céréales pourra s’adapter ?
Les variétés en « lignée pure » ont été sélectionnées d’année en année pour leurs caractéristiques et ont une diversité faible étant composées de plantes apparentées identiques. C’est encore pire pour les variété « hybrides » qui ont inondé le marché et sont issues du croisement de deux lignées pures. On est dans le registre de la performance, très adapté à un monde stable et prévisible, mais plus du tout à un monde imprévisible et fluctuant.
Jean-Marie est revenu à des semences de blé « population », c’est à dire des variétés anciennes, interdites à la vente car non inscrites au « catalogue officiel ». Celles-ci contiennent une grande diversité individus différents parmi lesquels certains seront mieux adaptés aux climats futurs et aux variations de chaleur et d’humidité. Certes le rendement sera moindre mais il sera là chaque année, c’est le pari de la robustesse !
Ep. #9 : ALIMENTATION : NOUVEAU CONTRAT ENTRE VILLES ET CAMPAGNES
Quels sont les territoires nourriciers des villes ? A l’heure des chocs systémique où la résilience alimentaire redevient un sujet de préoccupation, il est plus que temps de regarder d’où vient l’approvisionnement de nos grandes agglomérations.
Pour Nicolas Bricas, chercheur au CIRAD et membre de la Chaire Unesco Alimentations du monde, il faut faire attention à ne pas « légumiser le débat ». Certes, les ceintures vertes peuvent fournir une partie des légumes des urbains et il faut développer les possibilités d’approvisionnement en local, mais les villes continueront de dépendre de zones de grandes cultures très éloignées pour les céréales, les légumineuses, l’huile, les fruits…
Pourquoi ne pas encourager les pratiques écologiques et sociales dans ces territoires nourriciers et recréer des liens entre monde rural et urbain ?
Nicolas Bricas plaide pour de nouveaux contrats plus solidaires et écologiques entre ces territoires même s’ils ne partagent pas le même terreau culturel.
Bien souvent ce sont les métropoles qui sont d’ailleurs motrices pour proposer des politiques publiques qui proposent de mieux intégrer l’agriculture et l’alimentation au niveau local et national.
Ces initiatives qui se coordonnent pourraient être le socle d’une future politique alimentaire commune à l’échelle européenne. A nous d’interpeller nos élu·es pour renforcer les liens entre villes et campagnes et inventer les systèmes alimentaires de demain !
Ep. #8 : LE NON LABOUR : RÉVOLUTION CULTURELLE ?
Dans ce 8ème épisode de « Sortir du Ring » on revient sur le « défi fou » de Jérôme Vignon, éleveur de brebis installé avec son frère dans le Diois. Ils ont assez de prairies et ne transhument donc pas l’été mais produisent assez de céréales pour nourrir leur troupeau de 800 brebis.
Jérôme décrit le « pas psychologique » qu’il a franchi il y a quelques années pour passer ses cultures en semis direct : une technique en non-labour qui permet de limiter l’érosion des sols, mieux stocker l’eau et le carbone, tout en maintenant la production de ses céréales et ses fourrages à un niveau équivalent. Un pari audacieux qu’il ne remettrait en question pour rien au monde.
Pourtant sa formation agricole classique ne le prédestinait pas du tout à ça… Une véritable « révolution culturelle » qui a consisté à changer d’approche pour observer, faire avec le vivant, accepter de ne pas tout contrôler et agir sur le temps long. Abandonner des « itinéraires techniques » standards pour s’occuper de chaque parcelle et s’adapter. En un mot se rapprocher de l’humus pour redevenir « humble »
Remettons la vitalité des sols à la base de nos agricultures !
Ep. #7 : Vers des circuits courts régionaux?

Pourquoi les agriculteur.ice.s gagnent si mal leur vie ? Principalement à cause des filières longues et de l’accaparement des marges par l’agro business.
Dans ce 7 ème épisode de « Sortir du Ring » on réfléchit aux avantages des circuits-courts pour les filières et les territoires. La relation avec les producteurs est bien évidement au cœur de ces systèmes seuls capables d’apporter un soutien particulier dans les moments difficiles et de favoriser une rémunération juste en limitant les intermédiaires.
Le système Coolivri, permet de mettre en réseau les 40 points de ventes du réseau GRAP ainsi que les producteurs locaux qui les alimentent. Chacun.e peut désormais livrer tous ces points de vente en direct grâce à un camion mutualisé qui fait le tour des épiceries toujours à plein. Génial non ? Et si l’échelle régionale était la bonne pour construire la résilience alimentaire ?
Favorisons les circuits courts et le lien à nos producteur.ice.s !
Ep. #6 : Pourquoi nos salades n’ont pas le même prix ?

Qu’il y a-t-il entre l’agriculture et l’alimentation ? Le prix !
Avec 21% d’inflation sur les produits alimentaires en 3 ans, les acheteurs scrutent les étiquettes, mangent moins bien ou moins souvent. Le budget alimentation est devenu la variable d’ajustement des ménages. Bien manger est devenu un luxe que peu peuvent encore se payer. A l’autre bout les producteurs se payent toujours aussi mal et les filières bio ont dégringolé.
Dans ce 6 ème épisode de « Sortir du Ring » on décortique les fonctions de l’alimentation et on questionne ce qui se cache derrière le prix et la valeur. Florent Dunoyer, directeur de l’épicerie La Carline à Die est justement à l’interface des consommateurs et des producteurs et questionne le rapport de force qui s’exerce insidieusement.
Consommer à prix bas serait pour lui un acte de prédation que nous exerçons de façon inconsciente. Il appelle de ses vœux une sortie de ce système inéquitable qui fait la part belle à une agriculture industrielle destructrice qui tue l’agriculture locale à petit feu.
Soutenons un modèle économique juste pour nos agriculteur.ices !
Ep. #5 : lutter contre le gel en arboriculture

Gelée tardive, grêle, chaleur extrême… L’impact des aléas climatiques sur les arbres fruitiers est considérable. Beaucoup n’ont d’autre choix que d’investir dans des solutions coûteuses sans pour autant être sûr de sauver les fruits !
Dans ce 5ème épisode de Sortir Du Ring, Marc Fauriel, arboriculteur à Loriol-sur-Drôme (26) nous parle du gel tardif qui a notamment ravagé les vergers français en 2021. C’est un risque connu depuis longtemps, mais face aux hivers plus doux qui avancent la date de floraison des arbres, le risque est décuplé. Pour lui, les variétés d’il y a 15 ans ne sont plus adaptées au territoire d’aujourd’hui. Il nous parle des solutions étonnantes que les arboriculteur.ices mettent en place pour sauver leurs récoltes.
La sortie du ring n’est pas encore en vue… Face au dérèglement climatique, soutenons l’arboriculture locale !
Ep. Hors Série : la démocratie alimentaire
UN ÉPISODE À ÉCOUTER !
La précarité alimentaire ne cesse d’augmenter en France et pourtant quel que soit le milieu social, les études montrent que tout le monde souhaite manger des produits de qualité.
Alors comment faire en sorte que bien se nourrir ne soit plus réservé qu’aux personnes aisées ? La démocratie alimentaire est-elle un projet réaliste ou utopiste ?
C’est ce que nous allons tenter de déchiffrer dans cet épisode Hors Série en format audio de SORTIR DU RING sur la démocratie alimentaire.
Réalisation, montage et mixage : Charlie Delboy
Musique : Orange Foot
Prise de son complémentaire : Emilie Descamps, Manon Garcia
Ep. #4 : écouter la biodiversité dans les champs
Pour ce 4ème épisode de Sortir du Ring, nous suivons l’ornithologue François Humbert qui écoute les oiseaux pour les répertorier. Chute drastique de la population d’oiseaux en milieux agricoles, appauvrissement des sols et faible présence d’oiseaux dans les champs,… il nous alerte sur l’extinction silencieuse qui se produit autour de nous.
A titre d’exemple, en moins de 20 ans la population du moineau friquet a chuté de 61% en AuRA et de 72,7% en France (source LPO). Le déclin des oiseaux en milieux agricole est bien présent, alors comment prendre soin de notre biodiversité ? Et quelle agriculture pour soutenir le vivant ?
Ep. #3 : Des arbres dans nos vignes
Pour ce 3ème épisode « Des arbres dans nos vignes », on vous emmène chez deux viticulteurs drômois. Une discussion croisée entre Cyrille Copier, viticulteur à Die (Côté Cairn) et Sylvain Thevenet, viticulteur à Saillans (Domaine Saint Maurice). L’intérêt des couverts végétaux, l’agroforesterie, la biodiversité, le ralentissement de l’eau, autant de raisons qui ont poussé ces deux amoureux des vignes à changer leurs pratiques dans un contexte de dérèglement climatique accru.
Une réflexion partagée sur une approche plus douce, centrée sur la vente locale, l’anticipation du climat de demain avec ses vagues de chaleurs qui grillent les raisins sur place, et le manque d’eau qui fait chuter drastiquement la production. Soutenons l’agroforesterie et l’agriculture du vivant !
Ép. #2 : Rendre les machines aux paysan·ne·s
Ce 2nd épisode est consacré à l’Atelier Paysan. Cette coopérative d’autoconstruction oeuvre à rendre autonome les paysan·ne·s et les fermes pour qu’ils.elles reprennent en main leurs outils de travail. Une réflexion très étayée développée dans leur ouvrage « Reprendre la terre aux machines ». Grâce à des formations, des webinaires et des temps d’entraide, l’Atelier Paysan entend retrouver collectivement une souveraineté technique, une autonomie par l’entraide et la réappropriation des savoirs et des savoir-faire.
Vous découvrirez également le GAEC drômois de la Cavale qui a pu perfectionner ses techniques de maraichage en traction animale grâce à ces outils « fait-maison ».
Alors soutenons l’autonomisation des paysan·ne·s et des fermes !
Épisode #1 : Vous avez dit souveraineté alimentaire ?
La souveraineté alimentaire repose sur le droit de chaque pays et de chacun.e à développer sa propre capacité de produire son alimentation de base, en respectant la diversité des cultures et des produits. C’est ce qu’expérimente au quotidien Les Jardins Nourriciers. Cette association basée à Marignac-en-Diois propose aux habitant.e.s de devenir maraîcher.e.s à leur échelle. Grace à un système de points, chacun.e peut venir cultiver des légumes et en bénéficier à hauteur de son investissement.
Une magnifique fabrique de lien social et d’autonomie ! Et si la résilience alimentaire commençait ici ?